Vu dans le quotidien Le Parisien / Aujourd'hui en France, un article datant du jeudi 28 mai 2009 sous forme d'entretien avec le ministre de la Fonction Publique, Eric WOERTH, annonçant la rémunération différenciée.

Extraits :

"Je veux que la récompense au mérite devienne une composante indispensable de la rémunération des fonctionnaires. J'ai lançé la prime de fonction et de résultat qui récompense le mérite individuel, mais je souhaite aussi que la Fonction Publique développe un système d'intéressement collectif (...) ce système pratiqué par plus de 60% des entreprises publiques est indispensable dans les administrations.

L'intéressement collectif consiste à verser un complément aux fonctionnaires d'un service si ce dernier a atteind les objectifs qui lui ont été fixés (qualité d'accueil du public, traitement des demandes des usagers) (...)

Il faut à chaque fois bien réfléchir aux objectifs qu'on demande aux services d'atteindre (...)

Il ne s'agit pas de mettre toujours plus d'argent sur la table mais de sortir d'un sytème dans lequel la rémunération des fonctionnaires ne tient pas compte de leurs efforts personnels (...)"

Que retenir ?

Le fossé entre secteur privé et secteur public tend à se réduire. Il était temps ! Combien d'agents venant du secteur privé qui s'étonne du peu d'avantages perçus lors de leur intégration dans la Fonction Publique ? La sécurité de l'emploi n'est plus le seul levier de motivation qu'un employeur public doit avancer. Il doit s'aligner au secteur privé et proposer une rémunération complémentaire qui se calquerait sur les "primes au résultat". Mais il ne s'agit pas d'avoir un salaire fixe et une part variable : la grille indiciaire restera la même et le système d'intéressement viendra en plus.

Le plus :

La mise en place d'objectifs, mode de management encore trop peu répandu, va s'accélérer.

On peut espérer une nouvelle approche du travail par l'agent fonctionnaire

La prime collective par service va renforcer la cohésion de l'équipe

Les moins :

Ne pas savoir construire des grilles serait un risque de se tromper pour l'employeur : en simplifiant,récompenser un service qui travaille vite plutôt que bien alors que la qualité doit être une conviction dans le service public. Il ne s'agira pas de s'appuyer sur des chiffres mais des faits.

Ne pas limiter les objectifs : ne pas tomber dans la dérive de travailler plus et encore plus...

Ne pas l'étendre aux catégories C (seuls les cadres A et B de la Fonction Publique d'Etat sont concernés)

Des questions ?

Les directions de nos collectivités locales doivent-elles mettre en place ce système ?

Bien sûr mais pas tant qu'une organisation solide, par service et avec transversalité ne sera pas mis en place et qu'elles ne sauront pas évaluées et de façon objective les compétences de leur personnel.

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